Le Racing entre dans le dur
 Pour la première fois de la saison, ce vendredi soir face à Troyes, le Racing ne s'est pas imposé à domicile (0-0). Laborieux en première période, plus entreprenant ensuite, il n'est pas parvenu à prendre à défaut le bloc troyen. Après l'irrésistible marche en avant depuis début août, les hommes de Jean-Marc Furlan semblent accuser le coup en ce mois d'octobre. Malgré tout, ils ne réalisent pas une si mauvaise opération au classement. Ils récupèrent même (provisoirement ?) la tête de la Ligue 2...
Evidemment, après deux mois d'euphorie pure, ne prendre qu'un point en deux rencontres peut sembler préoccupant. Irrésistible durant les mois d'août et septembre, jusqu'au tout début octobre avec ce festival face à Nîmes (5-0), le Racing donnait l'impression d'être sur un nuage, de survoler cette Ligue 2. Il traçait son chemin vers la L1 qu'il allait retrouver dare-dare. En l'espace d'une semaine, les plus optimistes sont bien obligés de tempérer leurs ardeurs. Défait à Angers vendredi dernier (3-0), le Racing a été tenu en échec sur sa pelouse sept jours plus tard par une formation troyenne venue pour défendre. Les hommes de Furlan entrent peut-être tout simplement dans le dur, dans cette période creuse que traverse n'importe quelle équipe au cours d'un Championnat. A l'image de la saison passée, par exemple, où les mois de novembre et décembre avaient été compliqués à gérer.
« Dépression athlétique et mentale »
D'ailleurs, Jean-Marc Furlan ne dit rien dautre quand il s'exprime devant les micros. « On a constaté depuis quelque temps une dépression athlétique et mentale au sein du groupe , explique l'entraîneur strasbourgeois. Peut-être sommes-nous dans le creux de la vague. Un Championnat est fait de hauts et de bas. Ce soir, l'équipe était moins bonne que d'habitude dans plusieurs domaines. » Il est vrai que cette équipe du Racing ne ressemble pas exactement à celle qui avait dominé son sujet lors des matches face à Châteauroux (2-1) ou Nîmes (5-0), ou même à celle qui avait réalisé des matches pleins contre Montpellier (1-0) et Bastia (1-0). Comme à Angers, la semaine passée, le onze alsacien a semblé en-dedans durant la première période, ce vendredi soir. Hormis un tir dévié de Shereni (15e) et une tentative lointaine de Kandia Traoré que Merville relâchait avant de se rattraper de justesse (23e), le public de la Meinau n'a d'ailleurs pas eu grand-chose à se mettre sous la dent lors des quarante-cinq premières minutes.
Troyes bétonne
Certainement remontés dans les vestiaires à la pause, les coéquipiers de Paisley affichaient un tout autre visage dès le début du second acte. Plus entreprenants, ils multiplaient les offensives. Malheureusement, sans être véritablement dangereux pour le portier troyen. Une tête de Kandia Traoré, au deuxième poteau, filait de peu à côté (73e), tandis qu'une tête de Renaud Cohade, au premier poteau cette fois, n'était pas cadrée (80e). Pas suffisant pour inquiéter l'arrière-garde de l'ESTAC. Venu pour ramener un résultat de son voyage en Alsace, le Club de l'Aube a rempli son objectif, même s'il n'est pas sorti beaucoup de ses bases arrières, prenant soin de ne surtout pas offrir d'espaces aux contre-attaques strasbourgeoises. Le Racing a donc été freiné sur sa pelouse, lors de cette 11e journée. On retiendra que, pour la première fois de la saison, il n'a pas décroché les trois points à domicile, alors qu'il restait sur six victoires de suite à la Meinau. Pourtant, malgré tout, il ne fait pas une si mauvaise opération au classement. Certes, en cas de succès, l'opération aurait été excellente, mais avec le nul de Metz devant Bastia (0-0) et la défaite de Boulogne face à Sedan (0-1), cette journée lui est presque profitable. Avant le déplacement de Lens à Tours, ce lundi, il reprend même (provisoirement ?) la tête du classement, au nombre de buts marqués. Mais, tout le monde en conviendra, il ne faut pas se satisfaire de cela. Il faut surtout chercher à prendre un maximum de points dans cette période cruciale du Championnat et apparemment compliquée pour le Racing. |